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La dissertation - La recherche des idées

Les « idées » se décomposent en deux temps : l'argument et l'exemple.

L'argument est une idée qui développe un point de vue, une preuve qui justifie une opinion. Il est à mettre en relation avec l'idée générale de la partie que vous avancez, appelée la thèse.

L'exemple sert à valider votre argument, à le prouver. Il ne doit pas se suffire à lui-même, pensez toujours à développer votre exemple. Trop souvent, les élèves estiment que c'est du « blabla » ou du remplissage, or un argument bien expliqué et un exemple bien exploité montrent que vous maîtrisez vos idées, qu'elles ne sont pas le fruit du hasard.

Vous devez présentez vos arguments du plus simple au plus complexe, et à chaque argument doit correspondre au moins un exemple.

Exemple commenté : 
Voici un exemple de sujet volontairement incomplet visant à vous faire comprendre la différence entre argument et exemple.

Sujet : Quelles sont, selon vous, les fonctions du comique ?

Cette question est ouverte et appelle un plan analytique.

La première thèse, la plus simple, la plus évidente, serait : « le comique a une fonction divertissante. » Un des arguments justifiant cette thèse pourrait être l'apparition de la farce au moyen âge.
Pour étoffer cet argument il faut un exemple. Ainsi, pour illustrer l'argument du succès de la farce au Moyen âge, on peut évoquer la Farce de Maître Pathelin (XVème siècle) qui joue sur la caricature des personnages, les situations grotesques, etc. La farce est un genre hérité de l'Antiquité (Plaute, par exemple) et le Moyen Age n'hésite pas à en reprendre les ficelles. Il s'agit d'un pur divertissement, parfois un peu facile et grossier.

Un second argument peut s'appuyer sur les comédies de Molière, à la fois inspirées des farces antiques (on lui a reproché de « plagier » des scènes entières de la Marmite , par exemple) et de la commedia dell arte, venue d'Italie. Molière exploite les mêmes intrigues, en les complexifiant, les mêmes gestes et situations, coups de bâton, mari cocu, scènes de quiproquo. Les fourberies de Scapin ou George Dandin comportent des scènes farcesques : la scène des coups de bâton de Scapin, la plainte publique du cocu.

Une deuxième thèse traiterait de la fonction critique du comique.
Un argument peut expliquer qu'on se divertit aux dépends de certains personnages, représentant des types de caractère, tel l'Avare ou le naïf bourgeois gentilhomme. Ces deux exemples sont à étayer par les scènes célèbres du monologue d'Harpagon,quand on lui vole sa cassette, ou ce bon Jourdain qui découvre émerveillé qu'il fait de la prose. Chez Molière le comique est le reflet de nos travers.

Autre argument : la critique peut se montrer acerbe dans le Misanthrope (qui attaque la cour), Tartuffe (dont la cible est les faux dévots), etc. La critique se charge de gravité en frôlant les thèmes chers à une époque : la religion, les courtisans, les clans de cour. Notons que cette critique peut conduire à l'interdiction de certaines pièces (Dom Juan) et que leur portée est par ailleurs universelle.
 
A vous de jouer :

Entraînez-vous à repérer dans ce qui suit  la thèse, les arguments, les exemples.

Dans un troisième temps on peut envisager le comique comme un moyen d'exorciser ses craintes, notamment liées à la mort. L'absurde joue à ce titre un grand rôle au XXème siècle, traversé par deux guerres mondiales. Ionesco, Beckett approfondissent et exorcisent les errances du genre humain dans la Cantatrice Chauve, ou En attendant Godot.