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La Renaissance et le courant humaniste - Les grands changements de la Renaissance

 Les mutations s'exercent sur plusieurs fronts.
 
 
Les grandes découvertes
Les voyages de Christophe Colomb, de Vasco de Gama qui découvre la route des Indes en 1498, de Magellan, et de Cortez qui fait la conquête du Mexique en 1519  permettent de découvrir d'autres horizons, jusque là inconnus.

Les grandes découvertes (l'Amérique, le Brésil) favorisent les échanges commerciaux mais bouleversent l'ordre politique.
Des alliances se créent, des rivalités  apparaissent (Espagnols, Portugais, Français, Italiens, etc.). Les massacres opérés dans le Nouveau Monde, la rencontre avec cet homme étranger et pourtant frère, amènent à se poser des questions sur soi, son " humaine condition" , pour reprendre les termes de Montaigne, ses propres façons de penser et de vivre. L'Autre devient un double de soi, qu'il convient d'interroger pour mieux se connaître. Le cannibale décrit par Théodore de Bry et Jean de Léry est sans aucun doute effrayant, mais le comportement barbare lors du siège de la Rochelle, qui força certains hommes à se manger entre eux, selon les faits rapportés à l'époque, n'est-il pas tout aussi monstrueux ? Et le regard que porte cet étranger sur nos mœurs, notamment politiques, n'est-il pas rempli de bon sens, s'interroge Montaigne dans le chapitre « Des cannibales » de ses Essais?
 
 
 
Les guerres

Les guerres jalonnent le XVIème siècle, entre états, civiles.
Le sac de Rome par Charles Quint, en 1527, est le symbole d'une intrusion barbare dans cette cité tournée vers l'avenir. Les humanistes rêvent d'une paix, d'une harmonie universelle entre les peuples, utopie nourrie par les insuffisances d'une époque tourmentée.
 
Les guerres d'Italie, qui débutent en 1495 jusqu' en 1559, montrent l'hostilité durable entre la France et l'Italie.
 
L'affaire des Placards, en 1534 à Amboise marque l'hostilité à l'égard de la messe, et entraîne une politique répressive de la part de François Ier contre les Evangéliques. Clément Marot, emprisonné après avoir mangé du lard pendant le carême, est contraint à l'exil. Et son ami Rabelais passera une bonne partie de sa vie à fuir les représailles suscitées par ses livres contestataires.

Les guerres civiles entre catholiques et protestants se succèdent en France ( il y en aura 8 en tout de 1562 à 1593) et culminent le 24 août 1572, lors du massacre de la saint Barthélémy. Epoque tourmentée, sanglante qui plonge toute une société dans un profond désarroi. La foi en l'homme vacille, mais les humanistes continuent à répandre les idéaux.
 
 
 
Les sciences

Dans le domaine scientifique, une remise en cause est amorcée dès le milieu du XVème siècle par un philosophe allemand, Nicolas de Cues, qui imagine un monde infini et non fermé et organisé, comme le pensaient Aristote et Ptolémée. Puis Copernic (1473-1543) avance l'idée que le soleil est au centre du mouvement circulaire des planètes. Enfin Galilée (1564-1642), malgré ses rétractions forcées, sait que la terre tournait autour du soleil. Les croyances anciennes sont contestées, les certitudes rassurantes s'effondrent.

La Terre, créée par Dieu, n'est pas le centre de l'univers, les grandes découvertes laissent entrevoir des terres inconnues jusque là, sur lesquelles Dieu a peut-être posé sa main. L'Eglise aura beau lutter contre ses découvertes, un monde nouveau est en marche.

L'importance des sciences, des mathématiques notamment, s'explique par la relation que l'homme entretient avec le monde à présent. L'homme évolue dans un macrocosme et incarne lui-même un microcosme, à l'image du monde. Il acquiert par là une dignité nouvelle. Les sciences, mais aussi la médecine et les arts, avec l'étude du fonctionnement interne du corps humain, de ses proportions, l'apparition de la perspective, manifestent cette envie de comprendre le lien entre l'homme et le monde. Léonard de Vinci se penche sur la Nature, observe, et dissèque les cadavres pour tenter d'en appréhender les rouages, de percevoir les analogies. Un nouveau regard est porté sur l'homme, il est au centre des préoccupations, du monde, créé par Dieu.