BiblioLettres
Cours de français, conseils méthodologiques
Accueil > Courants Littéraires > La Renaissance et le courant humaniste > Les géants de l'humanisme
La Renaissance et le courant humaniste - Les géants de l'humanisme

 
L'énormité des bouleversements, des remises en cause et en question est à l'image des écrivains qui incarnent le courant humaniste.
 
 
Erasme (1469-1536)
Portrait d'Erasme
Parfait érudit, qui applique ses principes de vérité et d'authenticité en réimprimant par exemple le Nouveau Testament, fidèle au texte grec d'origine.Il publie Eloge de la Folie, en 1509, publié en 1511, qui dissèque la raison, ansi nommée par les hommes, mais qui est source d'erreur et de folie (fanatisme religieux, idées reçues,etc) et qui dénonce les insuffisances de l'Eglise, le reste des superstitions, le pédantisme. Dans sa correspondance, il lui arrive de décrire l'aridité de son "métier" d'humaniste, les journées de dur labeur, plongé dans les oeuvres de Sénèque, Saint Augustin, avec le souci constant de publie un texte le plus fidèle possible à l'original. 
 
 
Thomas More (1478-1535) 
Portrait de Thomas More par Hans Holbein, 1527
Né à Londres, d'une famille noble, il devient le chancelier d'Henry VIII en 1529, le destin de cet homme symbolise les bouleversements de la Renaissance. Homme de loi, politique, penseur humaniste, More entretient une importante correspondance à travers l'Europe. Il est l'ami d'Erasme, qui rédigea sonEloge de la folie en une semaine, chez lui. Partisan, comme Erasme, d'une réforme religieuse mais soucieux de l'union de l'Eglise, il s'oppose au divorce du roi d'Angleterre, est fait prisonnier, puis est décapité en 1535. 
 
 
 
Machiavel (1469-1527)
Portrait de Machiavel
 Né à Florence, d'une petite famille noble, il joue un rôle politique comme secrétaire à la chancellerie des Affaires Etrangères de la République Florentine. Il assume des missions auprès du roi de France, de Charles Quint, de César Borgia, à Rome, qui sera l'un des modèle de son Prince.
Lors de la prise de Florence par les Médicis, il est arrêté, torturé et contraint à se retirer dans sa propriétés aux environs de Florence. Il y rédige le Prince, en 1513, véritable traité de politique qui décrit le souverain idéal, à la fois de circonstances (il le dédie à Laurent de Médicis et rentre en grâce) et de réflexion sur la politique en elle-même, sans critère moral. C'est un traité pragmatique, qui repose sur l'observation des nécessités historiques, de l'intérêt du Prince et de celui de l'Etat, qui ne saurait aller aller à l'encontre de l'intérêt du peuple.
 
 
 
Rabelais (1494-1553)
Portrait de Rabelais
Ecrivain français qui accouche d'un géant, Gargantua et de son fils Pantagruel. Œuvre qui comporte 5 livres, à la composition excessive, difforme à l'image des personnages principaux, au langage outrancier, savant et populaire. Oeuvre de l'énormité physique, littéraire qui revendique la démesure comme un remède au mal de l'époque. Ecrite en langue vulgaire, le français, elle prône sa liberté à la face du monde.
 
 
 
Ronsard (1524-1585)
 Portrait de Ronsard
Nommé le « prince des poètes », l'une des figures les plus célèbres des poètes de la Pléiade. Ronsard sait mettre ses talents au service de la famille royale, catholique, dirigée par Catherine de Médicis. Il exalte, en 1562, les valeurs héroïques, les combats justes et sanglants contre les protestants, défend son royaume en vers et contre tous. Ses discours font de lui le poète de cour, défenseur de l'honneur de son roi catholique. A côté de cela, il est aussi le poète de l'amour, l'amant invétéré des Marie, Hélène ou autre Cassandre et ce, malgré les flétrissures des années. Ronsard, le poète engagé dans sa poésie, amoureux de sa Muse, jusqu'au bout.
 
 
 
Du Bellay (1522-1560)
Gravure de Du Bellay
Il incarne la voix poétique de la complexité humaine, le mélancolique qui s'ennuie de sa terre natale alors qu'il est en mission à Rome, le défenseur de la langue française, nouvelle, enrichie, symbole de la gloire nationale.
 
 
 
Montaigne (1533-1592)
 Portrait de Michel de Montaigne
Le penseur, maire de Bordeaux, l'ami éternel de La Boétie, le génie des Essais, œuvre de sa vie qu'il commence à38 ans. Les Essais sont à la mesure de l'homme, véritable humaniste : pétris de références latines, composés au fils de l'esprit qui va de « sauts et à gambades », à la fois autoportrait d'intellectuel et peinture d'un homme ordinaire. Toutes les questions que se pose son siècle, Montaigne les a abordées, étudiées, commentées. S'il doit en rester un, ce sera celui-là.