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Biographie de Rabelais - biographie de Rabelais : un curieux bonhomme

 
Un curieux bonhomme 
Portrait de Rabelais
François Rabelais ne ressemble pas du tout à l'image qu'on peut avoir de lui, comme l'adjectif "rabelaisien" le suggère: grossier, buveur, gros mangeur, avide d'histoires grivoises voire scatologiques. 
 
Né en 1483 à Chinon (probablement), il est vite gagné par la passion de l'étude. Mais issu d'une famille désargentée, il entre en 1510 en tant que novice au couvent franciscain de la Baumette à Angers. Peu en harmonie avec les règles de cet ordre, il est autorisé à rejoindre le cordeliers, mais ces derniers inquiets de le voir traduire des manuscrits grecs et de correspondre avec le grand helleniste de son temps, Guillaume Budé, l'envoient chez les bénédictins. Il se rend à Paris pour apprendre la médecine, et devenu moine séculier, il fait deux enfants à une veuve, qu'il oubliera bien vite.
Diplômé de la faculté de Montpellier en 1532, il se rend à Lyon pour exercer son métier à l'Hôtel-Dieu. Il se lie d'amitié avec le cardinal Jean Du Bellay qui deviendra son protecteur (des quatre frères Du Bellay aucun ne restera à la postérité, seul un neveu, Joachim, fondera avec six autres poètes le célèbre groupe de la Pléiade). Il est ainsi l'homme de compagnie, savant, distingué, raffiné et intelligent qui sait instruire les grands en les divertissant.
 
Rabelais est aussi un homme qui aime le peuple et qui veut soigner ses souffrances. Il exerce la médecine avec succès, car il n'hésite à montrer son humanité. Il fréquente donc les malheureux, les exclus et écrit des almanachs, oeuvres populaires qui reprennent les dictons, les hisoires appartenant à la tradition orale. Il est féru d'anatomie et comme beaucoup de scientifiques à l'époque, il pratique ses expériences sur des cadavres de pendus, au risque d'être pendu lui-même!
Il suit Jean Du Bellay à Rome et, passionné aussi de botanique, il rapporte des graines étranges: la France découvre le melon, l'artichaut, les oeillets et la salade dite "romaine".
 
Rabelais a une faiblesse : la soeur de François Ier, Marguerite de Navarre, auteur célèbre de l'Heptaméron, et de poésies. Cette femme intelligente (elle insipre sa politique à son frère) et délicate lui rappelle la dame à la Licorne des tapisseries, et sa fraîcheur lui fait oublier un moment les horreurs de son temps. En effet, vers 1520, la France est agitée par les intrigues religieuses entre le catholique espagnole Charles Quint, le protestant anglais Henri VIII et l'indépendant français, François Ier. Au Vatican les papes se succèdent sans cohésion, voire parfois sans religion. C'est une époque sombre où la misère règne, la maladie frappe, notamment la petite vérole, qui emportera François Ier, le roi chéri de Rabelais. C'est le début de la Réforme menée par Luther en Allemagne, reprise par Calvin de façon plus austère dès 1534 en France. Période de mutation, de transition douloureuse