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Biographie de Voltaire - Les débuts de Voltaire

 
Les débuts de Voltaire
Portrait de Voltaire jeune d'après Quentin La Tour, 1736De Voltaire il reste l'image d'un vieil homme, savant, retiré dans sa maison de Ferney, auréolé du surnom de Patriarche, défenseur des libertés, des valeurs prônées par les Encyclopédistes, auteur célébrissime de Candide. Mais la vie de Voltaire est bien plus complexe, sa personnalité bien plus ambiguë, son oeuvre bien plus riche.

 
Tout commence en le 21 novembre 1694 à Paris. Fils d'une famille de la haute bourgeoise, il restera toute sa vie marquée par son milieu. Elevé par les Jésuites à Louis le Grand, où il reçoit une formation classique, il développe son goût pour le théâtre et la poésie. Adolescent il fréquente la Société du Temple, où se retrouvent des libertins et beaux esprits qui font l'apologie du plaisir, et qui prônent une philosophie déiste selon laquelle la nature est bonne puisque créée par un dieu bon.

Il est néanmoins exilé deux fois en province en 1716 pour avoir écrit des poèmes satiriques contre le Régent, puis enfermé pendant 11 mois à la bastille de 1717 à 1718. Il prend un nouveau nom Voltaire, qui est l'anagramme d'Arouet le Jeune (la lettre U s'inscrivait V, et le J apparaissait en I). Il en ressort entouré de fidèles protecteurs qui apprécient ses œuvres, notamment  son Œdipe qui remporte un très grand succès, et la Ligue, rebaptisée la Henriade, épopée à la gloire du roi qui lui a pardonné ses indélicatesses. (1723). C'est en tant que tragédien que la fortune lui sourit. En effet Voltaire entretient une jalousie, et une admiration, secrète pour le grand Corneille. Il se sert d'une traduction du Cid, parue en Espagne et rédigée par Juan-Baptista Diamante, en faisant croire que Corneille l'a plagiée. Ce n'est quau XIXème siècle qu'on apercevra de la supercherie quand on découvrit que l'auteur espagnol en question avait 10 ans lors de la première représentation du Cid!

Ses talents sont parfois contestés. Dans sa tragédie Nanine, son oreille laisse passer l'affreuse allitération en "n" : "Il n'est rien qie Nanine n'honore." (acte III, sc 8, 1749), qu'il changera après bien des moqueries en "Il n'est rien que sa vertu n'honore." De même dans sa pièce Adélaïde du Guesclin, le duc de Vendôme demande au sire de Coucy : "Bon Français, meilleur frère, ami, sujet fidèle/Es-tu content Coucy?" et le public de répondre "Couça!"
 L'Odalisque blonde, Boucher, 1752
Voltaire est aussi un homme qui aime les femmes. Il devient l'amant d'une des comédiennes les plus célèbres du XVIIIème, Adrienne Lecouvreur, et se trouve le rival, infortuné, du chevalier de Rohan-Chabot. Ce dernier en effet vexé par un des bons mots du jeune écrivain ("Arouet?... Voltaire?...Enfin, avez-vous un nom?...Vous êtes qui?...", questionne le Chevalier dans la loge de la comédienne. Ce à quoi Voltaire répond : " Voltaire! Je commence mon nom, vous finissez le vôtre!" ) n'hésite pas en guise de représailles à faire bastonner l'insolent comme un vulgaire laquais. Voltaire demandera réparation et se retrouvera à nouveau enfermé à la Bastille. A sa sortie, il est autorisé à partir pour l'Angleterre.