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Biographie de Voltaire - Ferney et les dernières années de Voltaire

 
Ferney et les dernières années de Voltaire

Lever de Voltaire à FerneyLe patriarche de Feney est un vieil homme, sec, habillé en grand seigneur, qui entretient une liaison avec sa nièce, Mme Denis. Il est le propriétaire de châteaux, de terres, de fermes, animaux et batiments, et détient une fabrique de montres. De tous les philosophes de son temps, il est de loin le plus riche. D'aucuns diront que l'avarice était un défaut qui le guettait. Philosophe, conteur, mais aussi marchand d'armes et détenteur d'actions de la Compagnie des Indes, qui pratique la vente d'esclaves, Voltaire est un personnage complexe, qu'il serait hasardeux de ranger dans une catégorie prédéfinie. Son véritable ennemi était la religion, qu'il combattit sous toutes ses formes, Article "Fanatisme", par exemple.
 
Ses ennemis étaient nombreux, ses railleries bien senties faisant mouche à chaque fois. Rousseau en Dessin de Voltaire à Ferneyfit les frais quand il fit parvenir au philosophe un exemplaire de son Discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes, 1755. Voltaire lui envoya ses mots redoutables : ""J'ai reçu, Monsieur, votre nouveau livre contre le genre humain (...) On n'a jamais employé tant d'esprit à vouloir nous rendre bêtes. Il prend envie de marcher à quatre pattes quand on lit votre ouvrage. Cependant, comme il y a plus de soixante ans que j'en ai perdu l'habitude, je sens malheureusement qu'il m'est impossible de la reprendre." lettre du 30 aôut 1755. Crébillon père, Marivaux (le mot "marivaudage" a été inventé par Voltaire et signifie "Peser des oeufs de mouche dans des balances en toile d'araignée", et Marivaux de rétorquer : "Voltaire a la perfection des idées communes."), Fréron, qui osa critiquer l'auteur dans la revue Année Littéraire fut victime d'une épigramme assassine et d'une crise cardiaque qui le laissera diminué : "L'autre jour, au fonc d'un vallon/Un serpent piqua Jean Fréon/Que pensez-vous qu'il arriva?/Ce fut le serpent qui creva.", et bien d'autres sont les cibles du philosophe, obsedé par ses rivaux en écriture, par les critiques le concernant, tendu, nerveux, voire cyclothymique!
 
Il revient à Paris en 1778 assister à la représentation de son Irène et s'éteint le 30 mai de la même année. Il dira: "Je meurs en adorant Dieu, en aimant mes amis, en ne haïssant pas mes ennemis, et en détestant la superstition." Ce fut l'occasion d'obsèques religieuses officielles, mais l'Académie Française lui refusa la messe. Sa dépouille sera conduite au Panthéon en 1991. Le public peut admirer son tombeau, vide, car ses restes ont été dispersés en 1871 pendant la Commune.