BiblioLettres
Cours de français, conseils méthodologiques
Accueil > Courants Littéraires > Le siècle des Lumières > La place de la Raison au XVIIIème
Le siècle des Lumières - La place de la Raison au XVIIIème


Le siècle des Lumières est double : d'un côté la raison triomphe, de l'autre le sentiment est exalté. Loin d'être contradictoires, raison et sentiment se complètent harmonieusement.
 
La réflexion sur l'esprit


Le jugement critique des philosophes touche de nombreux domaines : la religion, la condition humaine, la législation, les connaissances humaines.
 
Deux courants de pensée vont profondément modifier l'appréhension du monde par l'homme du XVIIIème:
 
- Inspiré des théories de l'anglais John Locke au début du siècle, Condillac écrit Essai sur l'origine des connaissances humaines, en 1746, dans lequel il établit que toute connaissance vient des sensations. C'est le sensualisme. Cette pensée place l'homme au centre de son savoir, et l"autonomise" en quelque sorte. 

- Cette philosophie conduit à une autre manière de pensée, plus radicale : le matérialisme. Diderot s'en empare pour avancer sa propre conception du monde, l'athéisme. Comme le monde se crèe lui-même, à partir de lui-même (Diderot observe la naissance des larves à partir d'un corps en décomposition), Dieu ne suarait exister, il est parfaitement inutile. Son ami Helvétius, dans de l'Esprit, développe la même idée, un matérialisme profondément antireligieux, son livre est d'ailleurs condamné.
 
Voltaire, qui remet en cause les institutions religieuses, l'application "humaine" des Ecritures, notamment dans son Dictionnaire philosophique, brûlé en 1766, ne va pas jusqu'à l'athéisme. Il reste déiste, c'est-à-dire qu'il considère qu'il existe bien un Dieu, "un grand horloger", pour organiser le monde, mais il n'est pas celui de la Bible. 
 
 
Rousseau expose son "traité d'éducation" dans l'Emile en 1762, et notamment dans la "profession de foi du vicaire savoyard". En effet Rousseau reconnaît l'existence de Dieu. Il possède la foi, mais elle repose sur la conscience qui seule est, selon lui, un instinct divin aux intuitions infaillible. La raison ne saurait jouer aucun rôle. Il fonde alors la religion dite "naturelle". Or selon les instructeurs contemporains de Rousseau la conscience "est l'ouvrage des préjugés". La foi ne peut donc provenir de la conscience : l'Emile est condamné en 1763.
 
Le jugement critique s'exerce aussi sur le système des lois. Montesquieu, dans l'Esprit des Lois, discute du bien fondé des lois, qui sont censées protéger l'homme de ses faiblesses. A nouveau un pan de la société est remis en cause.
 Statue de Buffon au jardin des Plantes
Buffon, l'anthropologue, dont la statue trône au Jardin des Plantes, à Paris, rédige son histoire naturelle, et tout en répertoriant les espèces animales, rassure l'espèce humaine sur son sort (contre les imprécations de Rousseau dans son Discours sur l'Inégalité)  : la vie sauvage n'est pas à regretter, l'homme a réussi à harmoniser la Nature et la civilisation, la Nature et la Culture. 
 
Ainsi les penseurs du siècle des Lumières cherchent à fonder leur propre morale, avec leurs propres repères. Certains, comme Voltaire et Montesquieu, mettent en avant le libéralisme économique, la liberté en politique, mais aussi avec d'autres luttent contre l'esclavage, toutes les formes d'intolérance et de fanatisme, proposent une nouvelle pédagogie pour un homme nouveau.
 
Précédent :
l'Encyclopédie