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biographie de Corneille - Les aléas de la carrière d'auteur

 
Les aléas de la carrière d'auteur
La fibre théâtrale reprend cependant Corneille. Il s'inspire de l'histoire romaine, de la Vie des Saints du Xème siècle pour écrire Horace en 1640, Cinna, 1642, Polyeucte, 1643, la mort de Pompée. Il revient à la comédie avec le Menteur en 1644, puis la Suite du Menteur, s'oriente vers le mélodrame avec Rodogune en 1645.

Mazarin subventionne le dramaturge qui à cette époque, vend ses œuvres aux libraires (pratique inexistante jusque là) et est accusé par ses ennemis de se comporter comme un vulgaire commerçant. Les critiques sont aussi alimentées par la tentation de la vanité chez cet auteur ambigu qui n'hésite pas à écrire en tête de ses ouvrages : « Je ne dois qu'à moi seul toute ma renommée. » ou à prendre pour devise : « Je sais ce que je vaux et crois ce qu'on m'en dit. », qui sera reprise par Chateaubriand…

L'irrésistible ascension de Corneille est arrêtée lorsque en 1646, la pièce à sujet sacré, Théodore connaît un cuisant échec. L'auteur est néanmoins élu à l'Académie en 1647.

Corneille se tourne alors vers un genre qui lui a plutôt réussi, la pièce à Machine. En 1650, deux ans après la Fronde, qui a retardé les premières représentations, est jouée Andromède. Puis c'est la comédie héroïque qui le tente, et il écrit Don Sanche d'Aragon, pièce très romanesque qui le fait renouer avec le succès.

C'est Nicomède, 1651, qui remet sur le devant de la scène la figure du héros stoïcien. La pièce, pourtant un peu austère, reçoit un bon accueil, mais elle semble déplaire au Pouvoir, Mazarin croyant y voir un éloge de Condé. Corneille se voit retirer sa charge et sa pension.
En 1652, c'est un nouvel échec qui attend Corneille : Perthrarite. Jusqu'à 1658, Corneille se tait, médite et traduit en vers des ouvrages religieux, dont Une imitation de Jésus- Christ.

Il retrouve un appui en 1658 en la personne de Fouquet, le surintendant des finances de Louis XIV. Il donne Œdipe en 1659. En 1660, comme un bilan de sa carrière, il publie ses œuvres complètes, ainsi que 3 discours théoriques sur son art : I- De l'utilité et des parties du poème dramatique ; II- De la tragédie ; III- Des trois unités.

Après un retour à la pièce à machines avec la Toison d'Or, en 1661, il  retrouve l'histoire romaine, avec Sertorius (1662), Sophonisbe (1663), Othon (1664). Après l'arrestation de Fouquet, il est à nouveau subventionné par Louis XIV.

En 1666 c'est l'échec d'Agésilas, et Corneille se fourvoie ensuite dans le traitement de ses héros, Attila, en 1667, met en scène un monstre tendre, et dans Tite et Bérénice en 1670, il donne un rôle d'amoureux à un personnage qui est considéré comme un tyran cruel dans l'Histoire.