BiblioLettres
Cours de français, conseils méthodologiques
Accueil > Conseils méthodologiques > Commentaire > La temporalité dans le roman
Le commentaire - La temporalité dans le roman

Il y a différentes étapes à connaître.
 
 Les temps du récit

Il faut distinguer les temps du discours : présent, futur, passé composé. Le narrateur choisit d'inscrire son récit dans le présent d'énonciation. Albert Camus commence l'Etranger ainsi : "Aujourd'hui, maman est morte.", ce qui produit un effet de complicité immédiate entre le lecteur et le personnage.
 
Les temps du récit sont : passé simple, passé antérieur , conditionnel présent. Ils situent l'histoire dans un passé éloigné, et donnent l'effet d'un retour en arrière, on va rappeler ce qui s'est passé. Ce sont les temps les plus utilisés dans le roman. Le passé simple met en valeur les actions principales, et souligne leur aspect accompli. La phrase "Ce fut une apparition"  de Flaubert dans L'Education sentimentale insiste sur le caractère spectaculaire, subit que la vue de Mme Arnoux provoque sur Frédéric.
 
 
L'imparfait et le plus-que-parfait appartiennent aux deux systèmes. Ils concernent "l'aspect" de l'action, c'est-à-dire son déroulement dans sa durée. L'imparfait est le temps de la description, des actions secondaires, dites d'arrière plan.
 

 
Les temps du roman

Il ne faut pas confondre le temps de la narration, le temps de la fiction et le temps de l'écriture.
 
Le temps de la narration est la place et le temps accordés aux événements dans le roman. César Birotteau de Balzac rapporte sur près de la moitié de l'oeuvre les préparatifs de la grande soirée que César veut organiser pour célébrer sa fortune grandissante, et qui le conduira à sa perte. A contrario plusieurs années peuvent être résumées en deux phrases. 
 
Le temps de la fiction s'évalue en jour, mois, année. C'est le temps global sur lequel se déroule l'histoire.
 
Le temps de l'écriture
se rapporte au moment où l'écrivain rédigé son oeuvre. Dans le récit autobiographique, il n'est pas rare que l'auteur se permette de faire coïncider le temps de l'écriture avec le temps de la narration. Ainsi Jean-Jacques Rousseau dans ses Confessions se remémore un jour terrible où il a été surpris par son maître, une broche à la main pour voler les pommes de la remise, et achève l'aventure en écrivant : "La plume (d'écrivain) me tombe des mains." 
 
 
De fait l'écrivain peut, grâce à ces 3 temps, jouer sur la durée de son récit. Ainsi il est nécessaire de repérer dans un récit les procédés d'accélération et les procédés de ralentissement:
 
-Le sommaire : il permet de résumer en quelques lignes une période plus ou moins longue.
"Il voyagea. Il connut la mélancolie des paquebots, les froids réveils sous la tente, l'étourdissement des paysages et des ruines, l'amertume des sympathies interrompues. Il revint." (Flaubert, l'Education sentimentale)
 
-L'ellipse narrative : elle passe sous silence un ou plusieurs événements de l'histoire, sans réelle importance. "Quelques jours après...", on ne raconte pas ce qui s'est passé pendant ces quelques jours car cela ne fait pas avancer l'action.
 
-La scène : elle rapporte en détail les faits et gestes, le dialogue qui a lieu entre des personnages.Le lecteur suit le déroulement de l'action avec attention car tout est raconté. Ainsi dans Le Père Goriot de Balzac, l'arrestation de Vautrin s'étend sur plusieurs pages qui nous plongent dans l'atmosphère inquiétante de la scène, dans la tête des personnages, et nous assistons au dialogue ironique de Vautrin face au commissaire.
 
-La pause: correspond à un commentaire qui interrompt le cours du récit. Elle peut être le fait des interventions du narrateur qui analyse la psychologie des personnages ou qui commente un fait important pour l'action. La description introduit aussi une pause et Balzac, par exemple, n'en n'est pas avare.
 
 
 
L'ordre du récit
 
Le narrateur peut choisir de raconter son histoire de plusieurs façons:
 
-ordre chronologique: ou linéaire, les faits sont rapportés dans l'ordre de leur exécution.
 
-retour en arrière : ou analepse, l'écrivain rappelle des faits antérieurs à l'histoire principale. Ces faits apportent des explications sur l'histoire en cours, justifient les actions d'un personnage. Parfois, un livre peut reposer sur un retour en arrière, quand l'accusé est jugé et que le narrateur veut retracer toute l'affaire.
 
-l'anticipation : ou la prolepse qui annonce des faits à venir. Elle sert à relancer l'intérêt pour l'intrigue, ou à manifester la présence omniprésente du narrateur.