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Le roman : vision de l'homme et du monde - Le triomphe du roman au XIXème siècle

Après ces années où le roman est considéré comme un genre inférieur, frivole, le XVIIIème siècle voit l'essor du roman et le XIXème son triomphe.
 
 
Dire le reel : objectif du roman
 
 
L'essor du roman va de pair avec la montée de l'individualisme bourgeois. Le héros est aux prises avec la société dans la quelle il évolue, et doit faire avec ses travers et ses vices. Il reflète les liens entre société et individu.
 
Trois types de romans apparaissent alors : « le roman d'initiation amoureuse » ; « les romans d'apprentissage » ; « les romans historiques ».
 
Deux courants littéraires se développent, conformes à l'esthétique attachée au roman : le courant réaliste puis le courant naturaliste.
Le premier est incarné par les œuvres de Balzac, Stendhal, Flaubert ; le deuxième par Maupassant et Zola.
 
Stendhal fonde sa fiction sur l'étude du vrai et la copie de la réalité d'après la nature. Il écrit en 1830 Le Rouge et le Noir à partir d'un fait divers. Pour lui la fiction doit reposer sur « le petit fait vrai ».
Flaubert lui fait du style sa priorité. Il lit à voix haute dans son « gueuloir » les lignes qu'il vient d'écrire afin de travailler au mieux la musicalité de sa prose.
 
Balzac dédie le Père Goriot au naturaliste du XVIIIème siècle, Geoffroy  Saint Hilaire, tandis que Zola s'appuie sur les travaux de Claude Bernard.
 
Maupassant dans sa préface de Pierre et Jean en 1888 écrit une sorte de manifeste du naturalisme : « Faire vrai consiste à donner l'illusion complète du vrai suivant la logique ordinaire des faits et non les transcrire servilement dans le pêle-mêle de leur succession. » Plus loin il affirme « Ces réalistes de talent devraient plutôt s'appeler des illusionnistes. »
 
La volonté affichée est d'observer le réel, et de donner dans le roman, l'illusion de la réalité.
Le roman devient une sorte de laboratoire des sciences humaines.
 
 
Les autres aspirations du roman
 
 
Au début du XIXème siècle c'est l'expression du sentiment personnel qui domine. Le courant romantique a alors ses grandes figures : Senancour avec Oberman en 1804 ; Benjamin Constant avec Adolphe en 1816 ; et Chateaubriand avec Atala en 1801 et René en 1802.
 
Il existe bien sûr d'autres courants au XIXème sui vont à l'encontre du courant dominant : le courant fantastique a l'intuition des années auparavant de la psychanalyse freudienne, le courant symbolique et décadent représentés par des auteurs comme Barbey d'Aurévilly, Huysmans ou Bloy.