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Le roman : vision de l'homme et du monde - Le roman depuis les années 50

 
Depuis les années 50
 
 
En lien avec le courant existentialiste c'est l'écriture du « rien » qui domine avec Blanchot et Samuel Beckett. Le texte disparaît au profit d'un soliloque d'une conscience qui s'est coupée du monde. Le roman se cherche et poursuit sa réflexion sur le langage.
 
Cette recherche culmine avec la création d'un nouveau courant littéraire : le Nouveau Roman.
Alain Robbe-Grillet, Michel Butor, Nathalie Sarraute ou Claude Simon s'interrogent sur l'instance narrative et proposent des romans qui ne peuvent, et ne veulent, être lus comme des romans classiques.
Dans la Jalousie (1957) de Robbe-Grillet, c'est la conscience d'un mari jaloux qui s'exprime et qui observe sa femme et l'amant potentiel à travers une jalousie.

Dans Passage de Milan (1954) de Butor offre douze chapitres comme les douze dans une journée d'un personnage à la tragique destinée. Dans la Modification, c'est le pronom personnel « Vous » pour évoquer le voyage en train du personnage.

Tropismes (1939) de Sarraute entame la quête de la part de la romancière de l'écriture de la conscience qui culminera dans Enfance, écrit autobiographique de 1982.

Route des Flandres (1960) de Simon pose le problème de l'écriture de la mémoire.
 
Entre 1950 et 1980, c'est le mouvement de l'Oulipo qui incarne le mieux la recherche d'une nouvelle stylistique. Queneau ou Perec poussent le plus loin la question du style dans Zazie dans le métro en  1959 ou la vie mode d'emploi en 1978, W ou le souvenir d'enfance en 1976.
 
A côté de ces « laboratoires de style », un groupe de résistants « les Hussards » se forme pour revendiquer la poésie du romanesque et de la fiction : Roger Nimier publie le Hussard bleu en 1950 ; Gracq le rivage des Syrtes en 1951 et surtout Giono avec le Hussard sur le toit en 1951.
 
Les romanciers interrogent tour à tour :
-L'Histoire : Marguerite Yourcenar dans les Mémoires d'Hadrien en 1951.
-Les mythes : Tournier dans Vendredi ou la vie sauvage en 1971.
-L'amour : Albert Cohen dans Belle du Seigneur en 1968
-Son Moi : Mondiano dans Quartier perdu en 1984.
-L'art : Pascal Quignard dans Tous les matins du monde en 1991.
 
A partir des années 80, on pourrait citer Amélie Nothomb qui pratique le récit dialogué et qui pose une nouvelle fois la question du personnage.