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Le roman : vision de l'homme et du monde - Au début du siècle et la première guerre

 
Le roman en crise au XXème siècle

Si l'on suit l'évolution du roman à travers le XXème, on s'aperçoit qu'il a subi des crises successives.

Proust est l'écrivain dominant du moment. Pratiquant l'écriture de l'intériorité, le romancier se préoccupe de morale, d'esthétique et de philosophie.  A la recherche du temps perdu est l'œuvre d'une vie, d'une quête du mystère de la création, et de la vie psychique. Marcel Proust est par excellence l'écrivain du Moi, parlant, souffrant, vivant.
 
Des récits poétiques apparaissent à cette époque : Le grand Meaulnes de Fournier en 1913 ; A.G Barnabooth, de Valéry Larbaud la même année ; Suzanne et le Pacifique de Jean Giraudoux en 1921.
 
Des romanciers « chrétiens » dont l'œuvre est inspirée par la religion qu'ils interrogent, se révèlent comme François Mauriac avec Thérèse Desqueyroux ; Georges Bernanos et les Cimetières sous la lune et Julien Green.

Dans les années une femme se fait remarquer avec son écriture sensuelle et frêle : Colette, le Blé en Herbe en 1923.
 
A l'étranger, Ulysse de James Joyce en 1922 ; Mrs Dalloway de Virginia Woolf en 1925 et Le bruit et la fureur de William Faulkner en 1929 remportent un vif succès.
 
Enfin il est des écrivains qui se distinguent par leur innovation formelle, par leur recherche d'un nouveau style. C'est le cas de Gide dans les Faux-Monnayeurs en 1926 qui joue avec la mise en abyme ; de Céline qui heurte son public avec ses audaces linguistiques dans Voyage au bout de la nuit en 1932, et Raymond Queneau et son Chiendent en 1933.
 
 
 
Dans les années 30 et la deuxième guerre
 
 
Les souvenirs de la première guerre s font pressants chez certains écrivains.

Roger Martin du Gard invente la saga d'une famille , les Thibault, entre 1922 et 1940 ; Louis Guilloux propose des souvenirs d'enfance dans le Sang noir en 1935 et Aragon invente en 1944, un personnage, Aurélien, perdu dans les turpitudes des années folles.
 
Le climat international marque aussi les œuvres de cette époque. On voit André Malraux s'interroger sur la Condition Humaine en 1933, puis prendre part au conflit espagnol dans l'Espoir de 1937, et prôner une morale héroïque.

A la veille de la seconde guerre mondiale apparaît un courant philosophique, appelé à durer : l'existentialisme avec à sa tête Jean-Paul Sartre qui écrit la Nausée en 1938 et développe une vision désabusée de l'absurdité du monde ; puis Albert Camus publie l'Etranger, en 1942, la Peste en 1947.