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Le courant réaliste et naturaliste - L'histoire du courant réaliste


C'est dans la période romantique que l'on trouve les grands précurseurs de ce courant : Stendhal, Victor Hugo et Balzac.
 
 
 
La période de 1830-1848
 
Le mot "réaliste" apparaît en 1830 en peinture. Il désigne les artistes qui ne prennent plus les modèles idéaux, classiques, mais qui veulent imiter la Nature. Ils ne retiennent que le pittoresque au détriment du Beau.
En littérature la date fondatrice est 1829, année de la parution des Chouans d'Honoré de Balzac.
 
 
Le projet de la Comédie humaine de Balzac : L'ensemble contient 91 romans achevés rédigés entre 1826 et 1850.

Répartis en différentes études (Etudes analytiques, Etudes philosophiques, Etudes de mœurs) les romans représentent toutes les classes sociales, hormis la classe ouvrière, que Zola étudiera plus tard.
Dans son Avant-Props à la Comédie en 1842, Balzac présente son projet : il veut concurrencer Buffon, le naturaliste, dans son étude de l'animal appliquée à l'homme. Il veut « faire concurrence à l'Etat civil » ; Balzac montre les mutations dans la société française : déclin de l'aristocratie et de ses valeurs, au profit de la bourgeoisie d'affaires montante.
L'argent devient le thème romanesque par excellence, et permet l'apparition de nouveaux « types » sociaux. Rastignac incarne l'ambitieux, Grandet le bourgeois avare, Nucingen le banquier.

Balzac montre qu'il faut dépasser l'ambition de copier le réel, qu'il faut le transfigurer et le symboliser. Pour lui le roman est « un miroir concentrique où suivant sa fantaisie, l'univers se réfléchit. » La qualité fondamentale de l'écrivain est celle de « l'observation-expérimentation » qui est « un « don de seconde vue » car elle permet de « deviner la vérité de toutes les situations. » (Préface de la Peau de Chagrin).
 
 
Le cas de Stendhal : La préoccupation principale de Stendhal est la vérité. Il peint d'après nature des événements qu'il emprunte à la vie réelle, aux fait divers. Le sous-titre du Rouge et le Noir est Chronique de 1830, le roman présente le tableau de la société française, de ses différentes classes sociales, et des moeurs sous les dernières années de la Restauration. Lucien Leuwen met en scène le triomphe de la riche bourgeoisie sous Louis-Philippe, et la Chartreuse de Parme présente la vie d'intrigues dans une petite cour italienne vers 1820.

Quant à son style, Stendhal a une obsession : bannir les effusions romantiques à la Chateaubriand qi'uil traitait de "charlatanisme". Il recherche la sécheresse du Code civil; Une phrase résume bien la personnalité de l'écrivain, à rapprocher des péoccupations réalistes: "Je n'ai qu'un seul moyen d'empêcher mon imagination de me jouer des tours, c'est de marcher droit à l'objet."
 
La période de 1848-1865
 
Le mouvement réaliste à proprement parler est créé par deux écrivains Champfleury et Duranty en 1856-1857, qui théorisent le projet du mouvement. Le sujet dépasse selon eux l'intérêt porté au style. Le roman se voit assigner une fonction essentiellement éducative.
 
Flaubert lui prône le style avant tout. Il relisait ses textes à haute voix dans son « gueuloir », qu'il évoquait dans ses lettres à Louise Collet : « Le style est à lui tout seul une manière absolue de voir les choses. »
Avec Madame Bovary Flaubert est condamné en 1857 pour offense aux bonnes mœurs. L'histoire d'une femme insatisfaisante de la vie qu'elle mène, deux fois adultère qui finit par se suicider n'est pas du goût de la morale bourgeoise du moment. Or Flaubert n'avait pas les intentions du courant réaliste : faire un roman éducatif.  Pour lui le réalisme est la négation du Beau. L'écrivain avouait d'ailleurs : « Il y a en moi, littérairement parlant, deux bonhommes distincts : un qui est épris de gueulades, de lyrisme, de grands vols d'aigle, de toutes les sonorités de la phrase et des sommets de l'idée ; un autre qui creuse et qui fouille le vrai tant qu'il peut, qui aime accuser le petit fait aussi puissamment que le grand, qui voudrait faire sentir presque matériellement les choses qu'il produit. »
 
Georges Sand, quant à elle, dans la Petite Fadette ou la Mare au diable, peint la vie champêtre et ne s'interdit pas l'imagination et le romanesque.
 
De fait aucune œuvre importante n'est issue de ce courant. Mais il a permis à plusieurs grands écrivains de s'exprimer.